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Nature, Eau, Paysages

Le PNA des geckos verts de La Réunion

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publié le 1er juin 2021 (modifié le 2 juillet 2021)

Au départ, un PNA dédié uniquement au gecko vert de Manapany

Le Gecko vert de Manapany, Phelsuma inexpectata, est un des derniers reptiles autochtones de l’Ile de la Réunion et l’un des vertébrés endémiques les plus menacés de l’île.

C’est un reptile diurne de petite taille (maximum 13 cm), caractérisé par une coloration générale vert pomme, avec de petites tâches rouges sur le dos et plusieurs bandes de couleurs rouges, blanches, et noires partant de la tête et se prolongeant vers l’arrière du corps.

Il se situe sur les fines zones littorales du sud à Saint-Pierre, Petite Ile et Saint-Joseph. La situation est telle que l’on retrouve le gecko vert de Manapany presque plus fréquemment dans les jardins que dans le milieu naturel.

Gecko vert de Manapany
Gecko vert de Manapany
Crédit photo : Mickaël Sanchez

En 2011, un PNA a été rédigé par l’OFB (Office Français de la Biodiversité) et l’association NOI (Nature Océan Indien).

Consulter :

Par la suite, la DEAL de La Réunion a financé plusieurs opérations.

Des jardins-refuges

Une action importante de NOI est l’action « gecko et jardins ». L’association NOI, par le biais d’une convention signée avec les propriétaires des jardins, accompagne ces derniers dans une démarche de protection des geckos présents sur leur propriété. Elle leur fournit également des végétaux favorables au gecko vert de Manapany (vacoas, lataniers…). Après quatre années d’opération, 145 « refuges » répartis sur les communes de Saint-Joseph et de Petite-Ile participent à cette action de conservation participative. Au total, ces refuges représentent une surface d’environ 16 ha « sous protection ». Ceux qui se promènent dans les ruelles de Manapany-les-Bains peuvent remarquer cet autocollant sur les boites aux lettres des jardins qui participent à l’opération.

Autocollant Refuge Gecko
Consulter :

De la restauration écologique

Enfin, sur une petite parcelle de falaise littorale de Petite Ile (2ha), l’association NOI a mis en place une opération pilote de restauration écologique. Il s’agit de convertir des fourrés dominés par des espèces exotiques envahissantes - le faux poivrier Schinus terebinthifolius, le cassi Leucaena leucocephala, l’avocat marron Litsea glutinosa, et le choca vert Furcraea foetida - en une végétation avec davantage d’espèces indigènes favorables au gecko comme le vacoas Pandanus utilis et le latanier rouge Latania lontaroides, ou le manioc bord de mer Scaevola taccada. Cette action fait appel à des chantiers bénévoles.

Voir :
Film « NOI chantier Nature SREPEN 2015 »
Crédit : Nature Océan Indien (2015)
Merci de patienter quelques instants avant le démarrage de la vidéo.

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Le suivi de la re-colonisation par le gecko vert y est faite régulièrement afin d’estimer l’évolution démographique et surfacique des populations dans les zones restaurées.

Mickaël Sanchez, herpétologue, en suivi Phelsuma
Mickaël Sanchez, herpétologue, en suivi Phelsuma
Crédit photo : Matthieu Saliman

En 2016, le Conservatoire du Littoral a décidé de décupler cette opération qui avait débuté à petite échelle. Elle a été étendue sur 6 ha de forêt littorale à travers un projet appelé FEDER LITTOREHAB.

Un documentaire, financé par l’Europe, la DEAL Réunion et le Conservatoire du Littoral a été réalisé début 2017 : il présente le gecko vert de Manapany, sa biologie, son habitat et ces actions qui doivent, à terme, sauver l’espèce.

Gecko vert de Manapany
Gecko vert de Manapany
Crédit photo : Mickaël Sanchez

De la lutte contre les prédateurs et les compétiteurs

Des actions de surveillance et de lutte sont aujourd’hui développées pour prévenir des invasions d’autres reptiles qui menacent les populations de geckos indigènes. Parmi eux, le gecko vert à trois tâches rouges, Phelsuma laticauda, le grand gecko vert de Madagascar Phelsuma grandis, et l’agame des colons Agama agama.

Une lutte et une étude alimentaire des espèces exotiques envahissantes, comme le rat Rattus rattus, la couleuvre loup Lycodon aulicus, ou le martin triste Achridotheres tristis sont également menées par NOI.

Voir :
Film « GECKO »
Crédit : Nature Océan Indien
Merci de patienter quelques instants avant le démarrage de la vidéo.

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… et de l’élevage

Les suivis des populations de gecko vert de Manapany sur les falaises littorales de Petite-Île ont montré que les geckos juvéniles n’atteignent le stade adulte que très rarement. Cette situation est un problème majeur pour la survie de ces populations. Pour y remédier, une mesure d’urgence a été mise en place en attendant de trouver les causes de cette quasi-absence de renouvellement de génération. Il s’agit de prélever 40 juvéniles sur les falaises, de les accompagner en captivité jusqu’à l’âge adulte, puis de les relâcher à maturité.

Élevage transitoire de gecko vert de Manapany
Élevage transitoire de gecko vert de Manapany
Crédit photo : Matthieu Saliman

Un PNA plurispécifique pour les geckos verts de La Réunion

Le Grenelle de l’Environnement avait permis de lancer le PNA en faveur du Gecko vert de Manapany. La Loi Biodiversité a ensuite permis détendre ce dispositif et ses actions à d’autres espèces menacées. A La Réunion, le dispositif PNA a donc été étendu au Gecko vert de Bourbon Phelsuma borbonica.

Les deux espèces de geckos verts de La Réunion, le gecko vert de Bourbon et le gecko vert de Manapany, présentent plusieurs points communs. Les deux espèces figurent parmi les vertébrés les plus menacés du territoire. Il s’agit des derniers reptiles indigènes de l’île. Leur déclin a probablement commencé dès l’installation humaine il y a plus de 350 ans et leur répartition contemporaine témoigne de cette régression. Les travaux conduits ces dernières années ont permis d’améliorer la connaissance de leur répartition, de leur biologie et de leur écologie, mais de nombreuses actions de conservation restent à entreprendre.

Consulter :
Le gecko vert des hauts Phelsuma borbonica
Le gecko vert des hauts Phelsuma borbonica
Crédit photo : Mickaël Sanchez